
Pour JV, qu'est-ce que
la "prévention" ?
JV est un programme de " promotion de la santé et de prévention
des dépendances dans les associations de jeunesse ". Mais avant
d'aborder la théorie, nous vous proposons
quelques citations, phrases, histoires ou réflexions, destinées
à vous permettre de percevoir l'état d'esprit de notre démarche
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Une certaine façon et une façon certaine de faire sourire
la vie est de lui sourire en premier.
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Si chaque personne change, le monde peut changer. (Julos Beaucarne)
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Ne pas juger, ni soi-même, ni les autres.
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La coopération c'est ne mettre personne de côté, c'est
faire un tout avec tout.
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Il n'y a pas de choses idiotes, il n'y a qu'une manière idiote de
voir les choses.
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Le mal est le bien en formation, mais pas encore prêt. (Dialogues
avec l'Ange)
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Rechercher et utiliser ce qui nous unit plutôt que ce qui nous sépare.
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Coopération, histoire vécue
Voici l'histoire de quatre collègues appelés respectivement
TOUTLEMONDE, QUELKUN, CHACUN et PERSONNE.
Il y avait un travail important à faire et TOUTLMONDE
était invité à le faire. CHACUN aurait pu le faire,
mais PERSONNE ne s'y mettait.
Alors QUELKUN se fâcha à ce sujet, parce que c'était
le boulot de TOUTLMONDE. TOUTLMONDE disait que CHACUN pouvait le faire,
mais PERSONNE ne réalisait que TOUTLMONDE refusait de le faire.
En conséquence, l'atmosphère s'aigrit par suite des vexations
vécues parce que PERSONNE ne parla à CHACUN... et ainsi TOUTLMONDE
blâma QUELKUN.
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La grande erreur, la grande présomption de l'homme est de croire
le cycle de l'évolution terminé; nous ne sommes pas, loin
de là, le point final d'une mutation profonde qui successivement
à travers ce que nous nommons scolairement le règne minéral,
végétal puis animal est parvenu à l'homme. Une autre
forme de vie, de conscience doit surgir dans un futur que nous ne pouvons
encore prévoir et nous donnera des descendants aussi différents
de nous que nous le sommes des grands singes (Maurice Béjart).
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Il ne suffit plus aujourd'hui d'inculquer des savoirs et de proposer ou
d'imposer des " savoir-faire ". Le temps est venu d'offrir des références,
d'apporter des témoignages, de tenter des expériences pour
développer ces acquis de base et les prolonger en un savoir-être,
un savoir-créer et un savoir-devenir dans un monde en pleine mutation
(J. Salomé).
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Prévenir, c'est créer des liens, inventer des possibles
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Le but ultime de la prévention, c'est d'améliorer la qualité
de vie des individus (C. Bussières et A. Gaudrault).
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Le problème n'est pas la drogue, mais l'envie de se droguer.
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La prévention, c'est remplacer une relation d'aide par une relation
d'être (M. Bovay).
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Je demande cinq libertés :
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La liberté de voir et d'entendre ce qui est, au lieu de ce qui devrait
être, était ou sera.
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La liberté de dire ce que je ressens et ce que je pense, au lieu
de dire ce que je crois que je devrais ressentir ou penser.
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La liberté de ressentir ce que je ressens, au lieu de ce que je
crois que je devrais ressentir.
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La liberté de demander ce que je veux, au lieu d'attendre qu'on
m'en offre la permission.
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La liberté de prendre des risques en mon nom, au lieu de choisir
la sécurité de ne pas " bouger le bateau " (Virginia Satir)
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Je suis susceptible de dire non, de refuser, non pas pour m'opposer ou
contrer, mais surtout pour affirmer mes positions, énoncer des perceptions
différentes, partager des convictions. Chaque fois que je peux dire
non, sans m'enfermer dans du réactionnel, j'apprends aussi à
dire des oui plus vrais qui m'engagent réellement (J. Salomé)
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Je sais qu'il y a dans chaque relation une part de mystère, une
part d'imprévisible qui échappe à tout pronostic,
à toute concertation, à toute anticipation. Nous sommes si
nombreux, si différents, parfois si inaccessibles, et cependant,
chacun est unique, chacun est un univers en gestation (J. Salomé)
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La nature a pourvu les humains d'une seule langue, mais de deux oreilles,
afin que nous puissions écouter les autres deux fois plus que nous
ne parlons (Proverbe attribué à Zénon d'Elée,
IV s. av. JC)
Un peu de théorie
Le terme " prévention " couvre un vaste domaine, où il
est possible d'agir de mille manières différentes, sans pour
autant qu'elles soient plus vraies les unes que les autres. Le but de ce
chapitre est de situer le programme JV dans ce champ large et complexe.
On distingue généralement trois niveaux de prévention
:
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Un niveau primaire, qui concerne les actions entreprises avant l'apparition
d'un problème
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Un niveau secondaire, qui intervient après la résolution
d'un problème passager, dans le but qu'il ne réapparaisse
pas
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Un niveau tertiaire, lorsqu'un problème devient permanent,
pour prévenir des risques ou complications supplémentaires
A ces trois niveaux, la prévention peut être spécifique
(p. ex. prévention des caries) ou non-spécifique, ou d'un
point de vue global.
Parmi les facteurs de risques, en matière de question de dépendances,
nous pouvons citer:
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La perte de l'estime de soi
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Une insécurité intérieure, une identité floue,
une instabilité
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La non-communication
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Les maltraitances et abus sexuels
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Le fait de ne pas supporter les frustrations
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L'exclusion, le rejet
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Le sentiment d'échec
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L'absence de perspectives d'avenir
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Les problèmes d'autonomisation (sur-protection, absence de limites
ou rigidité)
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La vulnérabilité biologique
Habituellement, il n'y a pas un seul élément à l'origine
d'une dépendance, mais plutôt un ensemble de facteurs qui
déclenchent ce processus.
Le programme JV quant à lui est un programme de prévention primaire,
non-spécifique, dont les buts visent à développer
chez les enfants et les jeunes des compétences et aptitudes leur
permettant de mieux faire face aux difficultés qu'ils pourraient
rencontrer au cours de leur existence.
Dans ce sens, la forme de prévention qui vous est proposée
au travers des fiches de jeux à réaliser dans les camps,
consiste à travailler sur les attitudes que nous avons face à
la vie, face à nous-mêmes, face aux autres, et non pas à
parler des produits et de leurs effets ou encore à tenter la dissuasion
par des informations basées sur la peur.
Les axes du programme
Le programme JV est ainsi composé de trois axes complémentaires
:
Découverte de soi
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ses valeurs personnelles,
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ses émotions,
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ses comportements face à un conflit,
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ses points forts et ses points faibles,
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ses limites,
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son attitude face à la vie, à soi-même, aux
autres.
Apprendre à se connaître, c'est apprendre à avoir confiance
en soi, à se respecter, à devenir soi-même; c'est aussi
apprendre à connaître l'autre, à lui permettre d'être
différent et à lui faire confiance.
Le respect de soi-même et des autres est un des piliers de cette
conception de la prévention. Il est aussi un pas essentiel vers
le deuxième axe de notre programme, la collaboration. En effet, pour
participer au projet d'un groupe sans se perdre, il est important de bien
se connaître soi-même.
Collaboration
Ce terme regroupe tous les aspects et compétences que la vie
de groupe permet de développer, à savoir :
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espace de communication
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lieu où exprimer ses sentiments
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prises de décisions, de responsabilités, et capacité
de faire des choix.
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gestion et prises de risques
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aptitude au raisonnement critique et à l'évaluation
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capacité de résister à la pression des autres
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résoudre des conflits
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développer une approche positive de soi et des autres
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la coopération, dans le sens de la non-compétition
A ce sujet, dans le domaine du jeu, la collaboration est proposée
comme une alternative à la compétition. Si la compétition
en elle-même n'est pas un problème, l'esprit de compétition
en est un par les effets qu'il développe.
L'esprit de compétition peut entraîner ou susciter :
Sur le plan personnel, individuel :
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pour les gagnants : le mépris des plus faibles, la référence
aux autres et aux normes extérieures pour s'évaluer,
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pour les perdants : le désintérêt pouvant aller jusqu'à
la dépression, le sentiment d'inutilité et d'incompétence,
la référence aux autres et aux normes extérieures
pour s'évaluer.
Sur le plan interpersonnel, interindividuel :
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la comparaison et le jugement,
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la mauvaise foi, la tricherie,
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à l'extrême limite, la haine.
Sur le plan collectif :
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l'antagonisme,
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à l'extrême limite, la violence.
Le plus important : Ensemble, l'impossible devient possible.
La collaboration signifie qu'on joue ensemble, qu'on élabore
un projet ensemble, qu'on le réalise ensemble, qu'on résout
les problèmes ensemble, ceux de la vie quotidienne et les autres.
Que chacun participe au projet selon ses possibilités et ses compétences.
Cette attitude implique et développe la confiance, en soi et
dans le groupe. Elle favorise l'expression de chacun selon ses capacités
: il est donc important de faire appel à plusieurs modes d'expressions.
Elle nécessite aussi une grande capacité d'adaptation : l'objectif
doit être clair, mais peut être réajusté en fonction
de l'évolution du groupe.
Sensibilisation à la question des dépendances
Pour les plus âgés, ou pour les moniteurs, il s'agit de
se confronter au thème de la dépendance, de prendre conscience
de ses tendances personnelles à la dépendance sous ses formes
les plus variées : télé, chocolat, tabac, alcool,
mais aussi, prise de risques, travail.
La prise de conscience de ses besoins personnels et de son comportement
réduit le risque de voir s'installer une dépendance. Dans
cet ordre d'idée, il s'agit de repérer et d'observer les
attitudes que nous avons en réaction aux événements
extérieurs, qui nous satisfont sur le moment, mais nous laissent
insatisfaits à plus long terme et nous obligent ainsi à répéter
l'expérience.
Ce troisième axe part du vécu des participants : quelles
sont les questions et difficultés qu'ils rencontrent, quelles sont
leurs opinions et croyances, quelles expériences ont-ils déjà
faites dans leur vie quotidienne : l'idée est qu'à partir
d'événements de leur existence de tous les jours, les jeunes
réfléchissent à leurs motivations, découvrent
ce qui les a amenés à agir de telle ou telle manière,
et apprennent ainsi à mieux comprendre leurs propres comportements
en matière de santé.