Pour JV, qu'est-ce que la "prévention" ?


JV est un programme de " promotion de la santé et de prévention des dépendances dans les associations de jeunesse ". Mais avant d'aborder la théorie, nous vous proposons quelques citations, phrases, histoires ou réflexions, destinées à vous permettre de percevoir l'état d'esprit de notre démarche :

Voici l'histoire de quatre collègues appelés respectivement TOUTLEMONDE, QUELKUN, CHACUN et PERSONNE.
Il y avait un  travail important à faire et TOUTLMONDE était invité à le faire. CHACUN aurait pu le faire, mais PERSONNE ne s'y mettait.
Alors QUELKUN se fâcha à ce sujet, parce que c'était le boulot de TOUTLMONDE. TOUTLMONDE disait que CHACUN pouvait le faire, mais PERSONNE ne réalisait que TOUTLMONDE refusait de le faire.
En conséquence, l'atmosphère s'aigrit par suite des vexations vécues parce que PERSONNE ne parla à CHACUN... et ainsi TOUTLMONDE blâma QUELKUN.

Un peu de théorie

Le terme " prévention " couvre un vaste domaine, où il est possible d'agir de mille manières différentes, sans pour autant qu'elles soient plus vraies les unes que les autres. Le but de ce chapitre est de situer le programme JV dans ce champ large et complexe.

On distingue généralement trois niveaux de prévention :

A ces trois niveaux, la prévention peut être spécifique (p. ex. prévention des caries) ou non-spécifique, ou d'un point de vue global.

Parmi les facteurs de risques, en matière de question de dépendances, nous pouvons citer:

Habituellement, il n'y a pas un seul élément à l'origine d'une dépendance, mais plutôt un ensemble de facteurs qui déclenchent ce processus.

Le programme JV quant à lui est un programme de prévention primaire, non-spécifique, dont les buts visent à développer chez les enfants et les jeunes des compétences et aptitudes leur permettant de mieux faire face aux difficultés qu'ils pourraient rencontrer au cours de leur existence.
Dans ce sens, la forme de prévention qui vous est proposée au travers des fiches de jeux à réaliser dans les camps, consiste à travailler sur les attitudes que nous avons face à la vie, face à nous-mêmes, face aux autres, et non pas à parler des produits et de leurs effets ou encore à tenter la dissuasion par des informations basées sur la peur.

Les axes du programme

Le programme JV est ainsi composé de trois axes complémentaires :

Découverte de soi Apprendre à se connaître, c'est apprendre à avoir confiance en soi, à se respecter, à devenir soi-même; c'est aussi apprendre à connaître l'autre, à lui permettre d'être différent et à lui faire confiance.
Le respect de soi-même et des autres est un des piliers de cette conception de la prévention. Il est aussi un pas essentiel vers le deuxième axe de notre programme, la collaboration. En effet, pour participer au projet d'un groupe sans se perdre, il est important de bien se connaître soi-même.

Collaboration

Ce terme regroupe tous les aspects et compétences que la vie de groupe permet de développer, à savoir :

A ce sujet, dans le domaine du jeu, la collaboration est proposée comme une alternative à la compétition. Si la compétition en elle-même n'est pas un problème, l'esprit de compétition en est un par les effets qu'il développe.
L'esprit de compétition peut entraîner ou susciter :

Sur le plan personnel, individuel :

Sur le plan interpersonnel, interindividuel : Sur le plan collectif :


Le plus important : Ensemble, l'impossible devient possible.
La collaboration signifie qu'on joue ensemble, qu'on élabore un projet ensemble, qu'on le réalise ensemble, qu'on résout les problèmes ensemble, ceux de la vie quotidienne et les autres. Que chacun participe au projet selon ses possibilités et ses compétences.
Cette attitude implique et développe la confiance, en soi et dans le groupe. Elle favorise l'expression de chacun selon ses capacités : il est donc important de faire appel à plusieurs modes d'expressions. Elle nécessite aussi une grande capacité d'adaptation : l'objectif doit être clair, mais peut être réajusté en fonction de l'évolution du groupe.

Sensibilisation à la question des dépendances

Pour les plus âgés, ou pour les moniteurs, il s'agit de se confronter au thème de la dépendance, de prendre conscience de ses tendances personnelles à la dépendance sous ses formes les plus variées : télé, chocolat, tabac, alcool, mais aussi, prise de risques, travail.
La prise de conscience de ses besoins personnels et de son comportement réduit le risque de voir s'installer une dépendance. Dans cet ordre d'idée, il s'agit de repérer et d'observer les attitudes que nous avons en réaction aux événements extérieurs, qui nous satisfont sur le moment, mais nous laissent insatisfaits à plus long terme et nous obligent ainsi à répéter l'expérience.

Ce troisième axe part du vécu des participants : quelles sont les questions et difficultés qu'ils rencontrent, quelles sont leurs opinions et croyances, quelles expériences ont-ils déjà faites dans leur vie quotidienne : l'idée est qu'à partir d'événements de leur existence de tous les jours, les jeunes réfléchissent à leurs motivations, découvrent ce qui les a amenés à agir de telle ou telle manière, et apprennent ainsi à mieux comprendre leurs propres comportements en matière de santé.